Lexique du façadier
a
Accroche : capacité d’un support à retenir un revêtement. Une bonne accroche conditionne la tenue du chantier dans le temps.
Agrafage : réparation structurelle d’une fissure par pose d’agrafes métalliques (en U ou en S) en travers du mur, scellées dans un mortier de scellement. Pour les fissures supérieures à 2 mètres, un tors perpendiculaire est ajouté pour absorber les mouvements.
Algicide : traitement qui élimine les algues présentes sur la façade ou la toiture, et limite leur réapparition.
Algues : développement biologique végétal reconnaissable à ses traces vertes (chlorophylle). Apparaît sur les façades humides ou ombragées.
Allège : partie pleine du mur située sous l’appui de fenêtre.
Anticryptogamique : propriété d’un produit qui empêche le développement des champignons, mousses, lichens et bactéries.
Antirouille : traitement qui protège un métal ferreux de l’oxydation, appliqué avant toute finition sur les parties métalliques apparentes.
Appui de fenêtre : pièce maçonnée horizontale qui supporte la traverse basse d’une fenêtre et évacue les eaux de pluie loin du mur.
b
Bandeau : bande horizontale en relief sur la façade, souvent décorative, qui marque un étage ou court au-dessus des fenêtres.
Bavette : pièce de protection, généralement en zinc, placée à la base d’un toit, d’un appui ou d’un bandeau pour éloigner l’eau de la façade.
c
Capillarité : phénomène physique par lequel l’eau remonte dans les pores des matériaux d’un mur (béton, pierre, brique, crépi).
Carbonatation : vieillissement naturel du béton non protégé. Il devient progressivement friable et finit par exposer les armatures, qui rouillent et font éclater le support.
Classe D (Décoration) : revêtements de décoration de façade encadrés par le DTU 59.1, déclinés en D1, D2 et D3. Ils protègent et décorent la façade tout en la laissant respirer. Garantie biennale (2 ans).
Classe I (Imperméabilité) : revêtements d’imperméabilité de façade encadrés par le DTU 42.1, déclinés en I1, I2, I3 et I4. Leur spécificité : rendre les fissures non infiltrantes, tout en restant microporeux. Garantie décennale (10 ans).
Cloquage : apparition de cloques sur le revêtement, suivie d’un décollement. Lorsque la cloque « sonne creux », le revêtement n’adhère plus au support et doit être retiré.
Crépi : revêtement épais à base de mortier ou d’enduit posé sur un mur extérieur. Depuis les constructions des années 80, on parle plus précisément d’enduit hydraulique monocouche teinté dans la masse (EHMTM).
d
Décapage chimique : suppression d’une ancienne peinture à l’aide d’un produit gélifié qui ramollit le revêtement avant grattage. Produit extrêmement inflammable, à manipuler avec un jet d’eau à proximité.
Décapage thermique : suppression d’une ancienne peinture par l’action de la chaleur (chalumeau ou décapeur thermique).
Décontamination : élimination des micro-organismes (algues, mousses, lichens, champignons) sur le support avant rénovation.
Distance de retournement : distance sur laquelle un système d’imperméabilité doit se prolonger sur un mur adjacent traité différemment, afin d’assurer la continuité de la protection et d’éviter les infiltrations à la jonction.
DTU 42.1 : Document Technique Unifié qui encadre la mise en œuvre des revêtements d’imperméabilité de façade (classe I).
DTU 59.1 : Document Technique Unifié qui encadre la mise en œuvre des peintures de façade (classe D).
É
Échafaudage : structure provisoire indispensable pour travailler une façade en sécurité et dans les règles de l’art.
Écrasé : finition d’enduit réalisée par projection machine, puis écrasement de la tête du grain à la taloche. Un bel écrasé est à 50 % plat, 50 % creux.
e
Effet de mèche : remontée d’humidité par capillarité dans le crépi, due au contact direct entre la terre et la façade. L’eau monte dans le revêtement sur environ 10 cm de hauteur et crée une zone humide en pied de mur.
Efflorescences : traces blanchâtres visibles sur la façade, issues de la migration de sels minéraux du support vers la surface sous l’effet de l’humidité et de l’évaporation.
EHMTM : Enduits Hydrauliques Monocouches Teintés dans la Masse. Enduits projetés à la machine, en une seule couche, dont la teinte est incorporée directement au mélange via des pigments. Poids : environ 20 kg/m².
Encadrement : élément décoratif, souvent en relief, qui entoure une baie (fenêtre, porte). Peut être modelé en enduit ou simplement peint.
Encrassement : accumulation de salissures sur la façade (pollution, poussières, traces biologiques). Plus marqué sur les finitions ouvertes que sur les finitions fermées.
Enduiseur : professionnel spécialisé dans l’application des enduits sur fonds bruts. Métier orienté gros œuvre, moins minutieux que celui de peintre.
Enduit : matériau pâteux (ciment, chaux, plâtre, sable) appliqué sur un mur pour le protéger, le lisser ou le décorer.
Entoilage : mise en place d’une armature en toile dans une couche intermédiaire pour renforcer la résistance à la fissuration. Utilisé dans les systèmes d’imperméabilité de classe I4.
f
Façadier : métier le plus polyvalent du ravalement. Le façadier maîtrise la préparation des supports, la réparation des fissures et l’application de tous les types de revêtements de façade.
Faïençage : réseau de très fines craquelures superficielles, aussi fines qu’un cheveu, qui ressemble à une toile d’araignée. Le faïençage ne traverse pas toute l’épaisseur de l’enduit.
Fantôme de façade : voir Spectre de façade.
Farinage : dégradation d’une peinture qui se transforme en fine poudre au toucher, sous l’effet des UV, de la pluie et du vieillissement.
Film mince (FM) : revêtement de très faible épaisseur, équivalent à une feuille de papier (200 à 300 g/m² par couche). C’est une peinture, aqueuse ou solvantée. Finition fermée, peu encrassante. Classe D2.
Finition fermée : désigne les revêtements lisses et non absorbants (FM, RSE). Ils ne s’encrassent pas, les salissures adhèrent peu, le support reste imperméable.
Finition ouverte : désigne les revêtements poreux (fonds bruts, RES). Ils s’encrassent davantage, absorbent l’eau (effet buvard) et sont plus sensibles aux moisissures.
Fissure : ouverture linéaire de 0,2 mm à 2 mm, traversant toute l’épaisseur de l’enduit et pouvant atteindre la maçonnerie. À traiter avant toute finition.
Fissure active : fissure évolutive, qui continue de s’allonger ou de s’ouvrir. Souvent plus large à l’origine qu’aux extrémités. Peut compromettre la solidité du bâtiment.
Fissure désaffleurée : fissure dont le crépi n’est plus collé à la façade autour de l’ouverture.
Fissure en escalier : fissure qui suit les joints de la maçonnerie (parpaings, briques). Le plus souvent due à un tassement excessif du sol d’assise des fondations.
Fissure morte : fissure stabilisée dans sa longueur, qui peut s’ouvrir et se refermer selon la température (effet de dilatation thermique).
Fissure traversante : fissure qui traverse à la fois le revêtement et le matériau de construction. Souvent due à un défaut structurel. Visible à l’extérieur et à l’intérieur de la maison.
Fissuromètre : outil de mesure de la largeur d’une fissure. Il détermine le système de réparation à utiliser et le nombre de couches du revêtement.
Fond bloqué : support étanche (revêtement plastique épais, peinture plastifiée), où ni l’eau ni l’air ne circulent. Aucun revêtement ne pénètre dedans.
Fond brut : support qui n’a jamais été peint, traditionnellement appelé « le crépi ». Toujours absorbant, effet buvard.
Fond saturé : ancien fond bloqué dont la matière s’est désintégrée avec le temps, ou revêtement récent (moins de deux saisons).
Fond semi-saturé : fond saturé usé par deux ou trois saisons. C’est le fond le plus courant en rénovation, avec le fond brut.
Fongicide : propriété d’un produit qui empêche la croissance des moisissures et champignons sur la façade.
Friable : état d’un support qui s’effrite ou perd de sa cohésion. À consolider obligatoirement par un primaire avant tout revêtement.
g
Garde-corps : barrière de protection placée à hauteur d’appui (balcon, terrasse, escalier) pour prévenir les chutes.
Goutte-rebond : phénomène d’encrassement du pied de façade. La pluie frappe un sol dur (trottoir, terrasse), rebondit chargée de salissures et de micro-organismes, et projette ces particules sur le bas du mur.
Gratté : finition d’enduit la plus utilisée aujourd’hui, réalisée à la taloche grattoire. Aspect plat mais rustique, sensation de grains de sable au toucher. C’est aussi la finition la plus fragile.
h
Humidité ascensionnelle : voir Remontée capillaire.
Hydrofuge : produit qui empêche l’eau de pénétrer dans le support tout en laissant respirer le mur. Correspond à la classe D1.
Hydrophobe : caractéristique d’une surface ou d’un revêtement qui repousse l’eau sans la laisser s’étaler.
i
Imperméabilisation : capacité d’un revêtement à rendre les fissures non infiltrantes, tout en restant microporeux pour laisser le mur évacuer sa vapeur d’eau. Encadrée par le DTU 42.1.
Impression : voir Primaire d’accroche.
Intermédiaire (couche) : couche de revêtement posée entre le primaire et la finition. Indispensable dans les systèmes d’imperméabilité I2 à I4.
ITE : Isolation Thermique par l’Extérieur. Technique qui consiste à isoler un bâtiment par l’extérieur des murs, associant matériau isolant et revêtement de finition.
l
Lézarde : ouverture supérieure à 2 mm de large. Plus grave qu’une fissure : elle peut traverser le revêtement et le matériau de construction. Souvent liée à une instabilité du terrain ou à une mauvaise assise de la construction. Seul un professionnel habilité peut confirmer la nécessité de travaux en sous-œuvre.
Linteau : élément horizontal placé au-dessus d’une ouverture (fenêtre, porte) qui supporte la maçonnerie située au-dessus.
m
Marouflage : action de noyer une toile dans le revêtement pour renforcer la résistance à la fissuration. Un marouflage mal exécuté provoque un cloquage.
Marquise : petit auvent vitré ou métallique placé au-dessus d’une porte d’entrée pour protéger de la pluie.
Microfissure : ouverture linéaire inférieure ou égale à 0,2 mm. Contrairement au faïençage, elle traverse toute l’épaisseur de l’enduit. À surveiller pour éviter tout risque d’infiltration.
Microporeux : qualité d’un revêtement qui bloque l’eau de pluie tout en laissant la vapeur d’eau s’évacuer du mur.
Modénatures : ensemble des reliefs décoratifs d’une façade (bandeaux, corniches, encadrements). Donnent du caractère au bâtiment.
Moisissures : développement de champignons, cryptogames, bactéries ou mousses sur le revêtement. Apparaissent sous forme de taches noirâtres, verdâtres, blanchâtres ou rougeâtres. Partent souvent d’un point d’ancrage d’où elles ruissellent verticalement.
Mortier de réparation : matériau à base de liants hydrauliques et de charges minérales, parfois fibré, utilisé pour reconstruire ou réparer une partie dégradée du support.
Mur mitoyen : mur séparant deux propriétés, partagé entre deux constructions voisines.
Mur pignon : mur latéral d’une maison, dont la partie supérieure forme un triangle suivant la pente de la toiture.
Murs de soubassement : murs reposant directement sur les fondations, qui portent les niveaux supérieurs du bâtiment.
p
Peintre : professionnel spécialisé dans l’application des peintures et revêtements au rouleau (FM, RSE). Reconnu pour sa minutie et son travail de précision.
Peinture acrylique : peinture en phase aqueuse à pigments naturels, sans odeur. Excellente tenue des teintes dans le temps, particulièrement recommandée pour les tons foncés. Inconvénient : peut s’écailler avec le temps.
Peinture minérale : peinture aqueuse d’extrême matité, souvent préconisée en zones protégées (ABF). Deux familles : les vraies minérales (moins de 5 % de matière organique, qui imposent un support brut donc un décapage complet en rénovation) et les organo-minérales (environ 5 % de matière organique, qui se posent sur tout support).
Peinture pliolite : peinture solvantée à base de résine pliolite, au très fort pouvoir d’accroche. Adhère sur quasiment tous les supports, ce qui en fait un primaire d’accroche très efficace. Inconvénients : odeur forte à l’application, farinage à long terme, sensibilité aux UV.
Piquage : retrait mécanique d’un crépi existant (marteau et burin pour une petite zone, marteau-piqueur pour une façade entière). À ne pas confondre avec le décapage : on pique un enduit, on décape une peinture.
Point d’ancrage : point de la façade où s’accumulent poussières et micro-organismes (sous l’effet du soleil, du vent et des poussières atmosphériques). Quand la pluie frappe ce point, l’eau se charge en micro-organismes et ruisselle, créant des traînées verticales de moisissures.
Polysiloxane : résine intégrée à certaines peintures minérales VERTIKAL®. Très forte résistance à l’eau, excellente tenue face aux intempéries, retarde l’encrassement du revêtement.
Porosité : capacité d’un support à absorber l’eau par ses pores. Un crépi poreux se gorge d’eau lors des intempéries (effet buvard) et se dégrade plus rapidement.
Primaire d’accroche : première couche appliquée sur le support après préparation. Il consolide le fond, régule l’absorption et prépare l’adhérence des couches suivantes.
Projeté : finition d’enduit la plus économique. La grosseur du grain dépend de l’ouverture de la buse et de l’humidité du mélange.
r
Ragréage : mise à niveau d’une surface par application d’un mortier fin, qui comble les défauts et lisse le support.
Ravalement de façade : remise à neuf complète d’une façade : nettoyage, traitement des pathologies, préparation du support et application d’un nouveau revêtement de protection et de décoration.
Rebouchage : comblement des fissures et défauts ponctuels avant l’application du revêtement.
Rechampi : travail de précision au pinceau « pouce » qui finit les angles ou les éléments de façade. Détail technique typique du métier de peintre.
Remontée capillaire : migration de l’humidité du sol vers le mur par capillarité. Souvent liée à l’absence ou à la défaillance de l’arase sanitaire. Cause de salpêtre, cloquages, écaillements et moisissures en pied de mur. Également appelée humidité ascensionnelle.
Réserve : partie basse de la façade traitée différemment du reste, pour gérer l’humidité, les remontées capillaires et les éclaboussures. Règle technique : dès qu’un revêtement de classe I est appliqué, la réserve doit être traitée avec un revêtement de classe D2 (film mince), ce qui entraîne deux teintes différentes sur la façade.
Résine : liant qui assure la cohésion d’un revêtement. Plus de résine ne signifie pas automatiquement plus de souplesse, d’accroche ou de résistance : tout dépend du type de résine, de sa quantité et de son rôle dans la formulation. Principales familles utilisées en façade : pliolite, acrylique, minérale, polysiloxane.
Revêtement épais structuré (RES) : revêtement à base de résine et de charges minérales, qui imite un crépi avec un poids divisé par dix (environ 2 kg/m² contre 20 kg/m² pour un EHMTM). Épaisseur : 2 à 4 mm. Finition ouverte, nécessite une bonne préparation du support.
Revêtement plastique épais (RPE) : sous-famille des RES, à base plastique, créée dans les années 1970 pour concurrencer l’enduiseur. Très étanche à l’air et à l’eau. Attention : tous les revêtements contenant du plastique sont très inflammables.
Revêtement semi-épais (RSE) : revêtement de finition plus dense qu’une peinture, lisse, garnissant, à base de résine. Il épouse le relief sur lequel il se pose. S’applique au rouleau.
s
Salpêtre : cas particulier d’efflorescence. Constitué de sels minéraux (nitrates) provenant du sol qui remontent avec l’humidité par capillarité dans les murs. L’évaporation de l’eau provoque l’apparition de dépôts blanchâtres en surface.
Soubassement : partie basse d’une façade, particulièrement exposée à l’eau, aux éclaboussures et aux salissures.
Souplesse : capacité d’un revêtement à suivre les micromouvements du mur sans se fendre.
Spectre de façade : apparition visible de la structure du mur (rangées de parpaings ou de briques) sous le revêtement. Deux causes principales : un séchage différentiel des matériaux, ou une épaisseur d’enduit insuffisante. Aussi appelé fantôme de façade.
Support : surface sur laquelle est appliqué le revêtement (crépi, enduit, béton, ancien revêtement). Sa nature détermine le primaire et le système choisis.
t
Taloché : finition d’enduit lisse, obtenue à la taloche. La finition « taloche éponge » se réalise avec une éponge humide changée régulièrement pour éviter les nuances. C’est la finition d’enduit la plus chère au mètre carré.
z
Zinguerie : ensemble des éléments métalliques en zinc présents sur la façade (gouttières, descentes d’eaux pluviales, bavettes, appuis). Leur bon état est essentiel pour éviter les infiltrations.